Un président au coeur de la tourmente financière.

Un président au coeur de la tourmente financière.
Une grosse journée aujourd'hui pour Nicolas Sarkozy. Le président de la République Française et actuel président de l'Union Européenne assistera à 3 sommets en moins de 24H.
D'abord pour le diner Union Européenne- Canada, puis la rencontre bilatérale France Québec en pleine conférence internationale de la Francophonie, alors que son passage en coup de vent fait beaucoup de déçus chez nos amis du grand nord canadien, et enfin une réunion à Camp David où il doit rencontrer le président Bush afin de le convaincre d'organiser un G8 élargi en Novembre à New York qui devra préparer un nouveau Bretton Woods
Une journée intense mais comme beaucoup ces dernières semaines.

Il faut dire que depuis le 1er juillet, date de sa prise de fonction en tant que président de l'Union Européenne, le président français ne s'est pas ménagé. Sommet de Paris sur l'Union pour la Méditerranée, crise géorgienne "réglée" en l'espace d'un mois par le président de l'UE (entre autres bien sur) qui a réussi à faire signer un accord de paix entre les 2 parties. Et enfin aujourd'hui cette crise financière où il s'est montré fortement présent.

Il a d'abord réuni les 4 premières puissances économiques européennes (Allemagne, R-U, France, Italie) pour trouver des réponses communes, non sans critiques de la part de l'Espagne ou du Portugal, non invités. Il a convié ensuite lors du sommet de Paris les membres de l'Eurogroupe avec un plan de sauvetage européen des banques à la clé, très bien accueilli par les marchés boursiers lundi avant la rétraction de la semaine..
Et enfin cette fois-ci il est reparti de Bruxelles avec le soutien unanime des partenaires européens pour le lancement d'un nouveaun Bretton Woods.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, a d'ailleurs annoncé aujourd'hui qu'il est prêt, avant le mois de Décembre, à accueillir une conférence internationale sur la refonte du système financier international à l'ONU avec un G8 élargi aux pays émergents ainsi que probablement un représentant des pays arabes.

À Bruxelles, il s'est offert jeudi un petit moment de gloire. La presse européenne, qui apprécie peu Nicolas Sarkozy d'habitude, a salué cette fois-ci son efficacité. Et selon un sondage, une large majorité de Français salue l'action de Nicolas Sarkozy dans cette crise tandis que sa côte de confiance augmente.

Période compliquée pour beaucoup de Français, c'est tout l'inverse pour le Président de la République qui apprécie ce genre de circonstances. Se retrouver dos au mur, face aux crises, c'est ce qu'il aime en politique mais arrivera-t-il à suivre ce rythme pour la totalité de son quinquennat?

Le président de l'Union Européenne a-t-il bien agi depuis le début de son mandat européen? Est-t-il bien rentré dans son costume de président?Que pensez vous de son action pendant la crise financière?

Antoine.

# Posté le samedi 18 octobre 2008 08:08

Modifié le samedi 18 octobre 2008 14:56

Et le PS pendant ce temps...

Et le PS pendant ce temps...
... continue de montrer aux Français un spectacle peu glorieux. Un feuilleton à rebondissements!

Les querelles de personne ne sont donc pas terminées. Cette fois ci c'est Martine Aubry qui dit que Bertrand Delanoe veut seulement donner des améliorations au capitalisme quand elle, veut le changer profondément.
C'est aussi une Ségolène Royal qui s'affiche au Zénith de Paris, tel une Michèle Laroque ou une Murièle Robin en one man show qui rappelle les trahisons et les petites attaques des présidentielles... C'est également un Arnaud Montebourg qui déclare que Pierre Moscovici a fait le pire des choix,... C'est enfin une gauche du PS qui à son tour dit que le show de Ségo était un bon moment de franche rigolade entre camarades de "l'unité de la gauche du PS".

Bref peu reluisant. Et le projet pour les Français dans tout ça?
Jusqu'à présent, nada. Mais il semble que depuis le passage de la crise financière, les débats ont pris de la hauteur, une réunion de crise au sein du PS avec des économistes réputés tel qu'Elie Cohen ou Jean-Paul Fitoussi a permis d'apporter des solutions socialistes à la crise financière internationale. Néanmoins, dans les débats du congrès de Reims, les petites phrases assassines continuent de circuler.
La gauche du PS, avec la motion "Hamon" revendique la meilleure analyse sur une crise qui n'est pas prête d'être terminée. Et les 3 autres grandes motions emboitent le pas. C'est à celui qui sera le plus critique. "Moins à gauche que moi, tu meurs!" . N'oublions pas non plus que pour réussir au PS c'est aussi à celui qui dira "Moins antisarkozyste que moi, tu meurs!" Martine Aubry a déclaré il y a peu de temps qu'il fallait soutenir le chef de l'Etat dans ces moments difficiles. Sera-t-elle jetée au pilori, comme Jack Lang il y a 3 mois?...Mystère...

Mais au final, que constate-t-on? Les motions "Aubry", "Delanoe" et "Royal" sont à 95% les mêmes. Alors on continue de se tirer dans les pattes. Et avant même que le congrès ait démarré, chacun se déclare. Benoit Hamon, Julien Dray, Bertrand Delanoe et depuis quelques jours Martine Aubry. Tous pour le poste si convoité de 1er secrétaire du PS.
Et au milieu de tout ce vacarme, aujourd'hui, le secrétaire national Maleck Bouthi déclare qu'il faut reporter le congrès de Reims pour revoir la copie de motions jugées obsolètes par la situation actuelle. Tollé général au PS chez les amis de Martine, Ségolène et des autres.
Avec un crongrès de Reims qui s'annonce sanglant, on aura de la matière pour refaire des articles de ce genre... C'est dommage

La suite au prochain Episode.

Que pensez vous de la situation du PS actuelle? Quel(le) est votre favori(te)? Qui deviendra premier secrétaire?

# Posté le dimanche 12 octobre 2008 16:06

Modifié le dimanche 12 octobre 2008 16:27

La crise financière actuelle: le pourquoi, le comment et ses conséquences.

La crise financière actuelle: le pourquoi, le comment  et ses conséquences.
Vous pourrez dire à vos petits enfants plus tard: "J'y étais!" Oui, car cette crise rentrera dans les livres d'histoire de l'économie et de la finance mondiale.

Elle a commencé par la crise des subprimes, ces crédits accordés aux ménages les plus pauvres pour devenir propriétaire sans se rendre compte de la dangerosité de ces prêts. Et pendant ce temps, ces crédits furent modifiés en titres financiers, "titrisés" c'est à dire mis dans un paquet d'actions avec des titres moins dangereux pour diminuer le risque, dans lesquels les banques d'affaires ont massivement investi. Sauf que la bulle spéculative se produisant, les banques se sont rendus compte de l'incapacité des ménages américains à rembourser ces crédits et de l'opacité de ces actions titrisées.
Et c'est l'éclatement de la bulle spéculative.Ces titres deviennent inéchangeables et la crise s'étend aux autres actions que l'on a titrisé. Les banques y ayant trop investi perdent énormément d'argent. Les banques qui se sont échangées ces titres n'ont plus confiance entre elles et ne s'accordent plus de prêts. D'où une crise de liquidités. Voila l'explication de la crise.

Encore jusqu'à Septembre, celles-ci avaient suffisamment de réserves de liquidités mais et c'est pourquoi la crise se fait sentir aujourd'hui, les banques sont à sec et elles n'accordent plus de prêt aux entreprises. Face à cela, les investisseurs sur les places boursières anticipent une récession économique et vendent leurs titres d'où les fortes baisses actuelles (-22% sur la seule semaine du 6 au 10 Octobre au CAC 40 à Paris). S'il n'y a plus d'investisseurs,moins de capacité de financement, et encore moins de liquidité. Ce qui remet en cause la solvabilité des banques, et donc l'économie toute entière. Bref tout s'effondre comme un chateau de carte.
C'est bien la faillite de Lehman Brothers, une grande banque américaine, que le Trésor américain n'a pas voulu sauver qui a affolé soudainement les marchés. Et depuis, toutes les autres cartes s'effondrent au fur et à mesure.

Face à cela, les acteurs privés et publics agissent. Dans tous les sens.
D'abord les opérations de fusion acquisitions entre les banques.Cette actuelle concentration permet aux petits en manque de liquidité d'être approvisionnés par les plus grandes banques et ainsi éviter la faillite. Le rachat de Fortis par la BNP ou la probable fusion des Caisses d'Epargnes et des Banques Populaires pour sauver leur filiale commune, Natixis sont les meilleurs preuves.
Ensuite les banques centrales qui injectent par centaines de milliards d'euros de liquidités sur le marché pour que le puit ne soit pas à sec tout en diminuant cette semaine de manière coordonnée (Fed, BCE,...) leurs taux d'intérêts directeurs afin de relancer le crédit et la croissance.
Les Etats qui recapitalisent les banques en les nationalisant à tour de bras afin de les préserver de la faillite. Le Royaume-Uni a prévu de recapitaliser ses banques à haueur de 50 milliards d'euros tandis que l'on se prépare dès la semaine prochaine à faire de même dans la zone ¤uro. On tente aussi d'épurer les comptes des entreprises en rachetant les crédits "pourris" (exemple du Plan Paulson) Certains Etats se retrouvent aujourd'hui en grande difficulté pour trouver de nouvelles liquidités. C'est le cas de l'Islande qui a demandé un emprunt à la Russie mais aussi de la France dont les hommes politiques réfléchissent de plus en plus à émettre un emprunt d'Etat. On garantit de plus les dépots des épargnants (50000 euros de dépots en France par exemple) et on joue la communication pour rassurer les marchés. Malheureusement pour le moment, ca ne fonctionne pas.
Enfin les grandes institutions internationales tel que le FMI qui renforce ses dispositifs d'aide aux pays émergents. Ou encore la Banque Européenne d'Investissement envoie (presque anedoctiquement) 30 milliards d'euros aux PME européennes en crise de liquidités.

Bref la crise est très grave. Elle a remis en cause les principes mêmes du libéralisme et remet en avant le rôle nécessaire de l'Etat pour éviter l'effondrement du système. Cette crise, selon le FMI, coûtera près de 1500 milliards d'euros à l'économie mondiale (dont 90% dans l'UE et aux USA). Sur le plan de l'économie réelle, les effets commencent à se faire sentir. Les PME peinent à trouver des sources de financement et aujourd'hui près des 3/4 des PME se disent en difficulté. Le FMI a prévu par ailleurs que la croissance sera très faible en 2009 (USA 0,1%, France 0,2%,...). voire négative dans certains pays (Espagne, Allemagne). Et par conséquent le chômage va inexorablement croitre. Selon les estimations il sera de 8,3% en 2009 en France.

Et pourtant il y a des raisons d'espérer (sisi!!). Tout d'abord contrairement à la crise de 1929, l'existence d'institutions solides et la forte intervention des Etats vont amortir le choc. Deuxièmement, on ne constate pas (encore) de déferlements de clients dans les banques pour mettre leur argent dans des bas de laine, signe de confiance positif. Troisièmement, on peut espérer que la forte baisse de la valeur des actifs actuellement présage une hausse future (en effet, lorsque leur valeur sera très faible, il sera interressant pour les "zinzins" investisseurs de les racheter pour voir la valeur croitre ensuite et donc rapporter) C'est un moindre mal. Enfin la baisse du taux d'intêrêt directeur ainsi que la baisse de la valeur de l'euro par rapport aux dollars favorisera les exportations des entreprises de la zone euro à l'extérieur sans oublier la forte baisse actuelle du prix du baril du pétrole (en raison de l'anticipation de la récession et donc d'une baisse de la demande) qui offre un bol d'air à nos entreprises. La croissance peut revenir (pas tout de suite malheureusement)

Que faut-il retenir de cette crise? La nécessaire remise en cause d'un certain capitalisme financier totalement dérégulé et le retour de l'Etat. Une fois la crise passée, il faudra mettre en place de nouvelles normes nationales et internationales sur la finance mondiale pour éviter un nouveau chaos (par exemple en réetudiant et uniformisant les normes comptables au niveau mondial ce qui suppose une gouvernance mondiale de la finance, en revoyant le rôle de agences de notation et réencadrer les organismes de crédit,...), en somme un nouveau Bretton Woods doit se tenir. Cette intervention exceptionnelle de l'Etat doit rester exceptionnelle afin qu'elle ne fasse pas un travail de gestionnaire qui serait contre productif (faire des prêts,..) mais son travail de règlementeur afin "de moraliser" le capitalisme.

Pour que la finance soit au service de l'économie et de l'Homme, au service de l'entrepreneuriat et de l'appareil productif et non à celui des spéculateurs, c'est à ccette immense tâche que l'on doit s'atteler.

Que pensez vous de cette crise? du marché et du rôle de l'Etat? de l'irresponsabilité de certains acteurs privés?

Antoine

# Posté le vendredi 10 octobre 2008 15:42

Modifié le samedi 11 octobre 2008 09:46

Après le nouvel échec du cycle de Doha, l'OMC est-elle une institution en crise?

Après le nouvel échec du cycle de Doha, l'OMC est-elle une institution en crise?
Le directeur général de l'OMC, le Français Pascal Lamy, n'a pas réussi à établir un consensus entre les Etats membres de l'Organisation Mondiale du Commerce afin de boucler le cycle de Doha démarré en 2000.

Des débuts prometteurs.
Les négociations étaient pourtant bien partis la semaine dernière avec la concession faite par l'Union Européenne et en tête la France à propos des tarifs douaniers sur les produits agricoles. Effectivement, l'UE proposait de diminuer de 60% ceux ci alors qu'il était initialement prévu qu'ils baissent de 54%. Un véritable effort en somme de la part des Européens.

Néanmoins ces négociations ont échoué.
Les États-Unis, l'Inde et la Chine ne sont pas parvenus à s'entendre sur les importations agricoles, et plus spécialement sur l'établissement d'un mécanisme de sauvegarde permettant à un pays d'appliquer des tarifs douaniers particuliers sur ses produits de l'agriculture face à une trop forte hausse des importations où à une baisse des prix excessive. Delhi et Pékin souhaitaient que son seuil de déclenchement soit le plus bas possible pour mieux protéger leurs paysans. Washington estimait qu'il s'agissait d'un système dangereux risquant de devenir une arme protectionniste.

Par ailleurs les pays du Nord réclamaient en échange d'un effort sur les tarifs douaniers agricoles une réelle contrepartie des pays émergents sur les produits industriels, ce que l'Inde et la Chine en particulier ont refusé.

De cet échec, l'ensemble des pays Membres le déplore:
C'est un «pas en arrière» pour le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson. Le ministre chinois du Commerce se déclare «déçu», tandis que les États-Unis espèrent que l'on pourra se «retrouver dans un cadre plus ambitieux». Pour son homologue australien cet échec est «particulièrement frustrant». Le Japon le juge «extrêmement regrettable», le Brésil juge qu'un succès aurait «ouvert les marchés dans tout le pays». La France a réaffirmé sa volonté d'un «accord équilibré». Les Africains, enfin, appellent à une reprise des négociations «le plus tôt possible», une hypothèse que le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, n'écarte pas quand il affirme : «Ne revenons pas en arrière et capitalisons sur les 85 % de ce qui a été fait.» Peter Mandelson va même plus loin. «À l'automne, après un été de réflexion, il faudra renouer les fils du dialogue»,

Seuls, les altermondialistes sont ravis de cette décision. L'association ATTAC a par ailleurs fait un communiqué dans lequel il déclare satisfait qu'un mauvais accord fut évitée et estime que l'OMC «ne sert plus à rien» et réclame la mise en place de nouvelles règles du commerce mondial. "Cet échec doit être «une occasion de proposer d'autres règles du commerce, respectant les besoins de l'ensemble des pays et des travailleurs du monde, ainsi que les équilibres écologiques de la planète. Il faut refuser que certains secteurs soit assimilés à des marchandises: l'eau, l'éducation, la santé, les services sociaux», ajoute Attac.

L'OMC est elle une institution en crise? Comment remettre en route les négociations? Quelles nouvelles règles du jeu dans le commerce mondial?
Votre avis.


Antoine.


# Posté le jeudi 31 juillet 2008 06:06

Modifié le vendredi 01 août 2008 06:21

Quel gachis pour le PS

Quel gachis pour le PS
Quel gachis pour les socialistes...
Force est de reconnaitre que les socialistes ont une fois de plus manqué à leurs responsabilités.
Cette réforme des institutions ne méritait pas une telle parodie de la part des responsables du PS.

Effectivement comment voter contre une réforme dont un certain nombre de points faisait partie de leurs motions, programmes depuis plus de 25 ans à commencer par ceux de Francois Mitterand et de Lionel Jospin!

Le 49-3 remis en cause, réforme de l'article 16, l'ordre du jour davantage maitrisé par le Parlement,le rôle des commissions et de la séance plénière revalorisé, le référendum d'initiative populaire, les nominations du Président de la République encadrées, et la liste est encore longue...

En somme, cette réforme permet à la fois d'augmenter les droits du citoyen, renforcer le Parlement et même d'encadrer davantage les pouvoirs du chef de l'Etat!
La question du droit de message est somme toute symbolique puisque il n'apporte en réalité rien de nouveau sur le plan juridique.

Refuser d'appuyer une réforme uniquement par antisarkozysme est peu glorieux de la part d'un parti qui se destine aux plus hautes responsabilités de l'Etat.
Isolé, Jack Lang qui ,en votant pour la réforme a respecté les combats du PS de toujours, s'est vu injustement jeter au pilori par les ténors du PS. Il faut dire que le congrès de Reims est passé par là.
Comme disait le président des PRG, "«Il fallait aller à Versailles sans penser à Reims.» . Malheureusement, les socialistes ont privilégié le renoncement aux idées au consensus nécessaire sur de notre maison commune, la Constitution.

Le PS est tombé bien bas...

Que pensez vous de l'attitude du PS à propos de cette réforme des institutions? Que pensez vous de cette réforme? ....

Antoine

# Posté le dimanche 27 juillet 2008 06:55